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Alternatives à Shiroo : comparatif pour capturer le savoir-faire

Trois approches pour conserver le savoir-faire

Shiroo, l’application d’Araïko lancée en septembre 2024 pour les PME et ETI industrielles, mise sur la contribution spontanée : chacun partage son savoir-faire à l’oral, en photo ou en vidéo. Si vous cherchez une alternative, la vraie question n’est pas « quel logiciel a le plus de fonctions ? », mais « qui va faire sortir le savoir tacite de la tête de mes experts, et à quel moment ? ». Ce comparatif distingue trois approches, nomme les solutions françaises que nous croisons sur ce terrain et vous donne des critères pour trancher.

Skillsay
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Faites émerger le savoir tacite
Skillsay interviewe vos experts avec une IA vocale, puis transforme leur expérience en connaissances structurées et directement exploitables.
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En bref

  • Shiroo repose sur la contribution volontaire et mobile (voix, photo, vidéo) : pertinent si vos équipes terrain alimentent la base au fil de l’eau.
  • Le point faible commun des outils de contribution : ils attendent que l’expert prenne l’initiative, alors que les savoirs les plus précieux sont ceux qu’il ne sait pas formuler seul.
  • Skillsay prend le problème à l’envers : Olivia, notre IA vocale, interviewe l’expert, pose les questions qui font émerger méthodes, astuces et raisonnements, puis structure le tout.
  • Tarifs Skillsay publiés : 500 € par profil pour une interview d’offboarding, 999 € par mois et par entité pour la solution complète.
  • Notre conseil : départ prévu ou cession en cours, privilégiez l’interview guidée. Savoir à diffuser au quotidien sur le terrain, la contribution mobile reste utile, et les deux se combinent.

Table des matières

Pourquoi chercher une alternative à Shiroo

Personne ne remplace un outil sans raison. Dans les échanges que nous avons avec des dirigeants de PME, des DRH et des responsables Knowledge Management, les motifs reviennent presque toujours dans le même ordre.

  • Le départ est déjà annoncé. Un responsable de production part dans quatre mois, un dirigeant cède son entreprise. Il n’est plus temps d’attendre que des habitudes de contribution s’installent.
  • Les experts ne contribuent pas d’eux-mêmes. Ils n’ont ni le temps ni l’envie de documenter, et beaucoup considèrent leur savoir-faire comme une part de leur identité professionnelle.
  • Le besoin dépasse l’atelier. Fonctions support, commerce, qualité, direction : le savoir à sauver n’est pas toujours celui d’un opérateur sur machine.
  • Vous voulez une mémoire interrogeable. Pas seulement des fiches, mais une base que l’on questionne et qui peut alimenter des agents IA métier.

Ces motifs expliquent la grille de lecture du reste de l’article : on compare moins des fonctionnalités que des modes de captation.

Le problème de fond : le savoir tacite ne se déclare pas

Avant de comparer, un constat chiffré. Selon l’enquête Archimag de 2025 sur les organisations françaises, 79 % des professionnels jugent les connaissances tacites (expertises métier, savoir-faire) comme le type de connaissance le plus complexe à gérer, et 45 % des organisations n’ont aucune politique formelle pour les collecter.

La recherche académique française explique en partie pourquoi. Une étude de cas multiples sur la pérennisation du savoir tacite montre que les experts résistent à formaliser des savoirs qu’ils vivent comme une composante de leur identité. Elle indique aussi que la maïeutique conversationnelle, qui agit comme un miroir plutôt que comme une contrainte administrative, convient mieux que les formulaires pour traduire l’expérience en ressources actionnables. Les mêmes travaux appellent à une gouvernance stricte pour éviter les biais cognitifs et l’opacité des modèles. Nous y reviendrons.

Conséquence pratique : un outil où l’on doit décider de contribuer capte surtout ce que les gens savent déjà qu’ils savent. Ce qui disparaît avec un départ, c’est le reste : le réglage qu’on fait « à l’oreille », l’ordre dans lequel on traite un litige client, le fournisseur qu’on appelle quand tout va mal.

Le problème de fond : le savoir tacite ne se déclare pas — overview diagram

Les trois approches pour capturer le savoir-faire

1. La contribution mobile et spontanée

C’est l’approche de Shiroo. D’après l’annonce de lancement publiée par son éditeur en septembre 2024, l’application vise les PME et ETI industrielles, fonctionne depuis un simple smartphone, accepte la voix, la photo et la vidéo, et propose une recherche sémantique pour retrouver l’information sur le terrain. Sa force : elle s’intègre au quotidien et valorise le savoir opérationnel, celui qu’on documente en situation.

Sa limite : elle dépend de la régularité des contributeurs. Les experts en Knowledge Management le répètent dans le rapport Archimag cité plus haut : le frein est d’abord culturel, et il faut des processus de partage réguliers plutôt que des campagnes ponctuelles. Une contribution spontanée suppose donc une culture de partage déjà en place.

2. L’accompagnement de la transmission

D’autres acteurs français abordent le sujet par l’humain. C’est le cas de Talhia, proposé par Weelife, spécialiste des transitions de vie : la page dédiée à la transmission des savoirs présente une solution qui donne la parole aux collaborateurs avant un départ à la retraite ou une mobilité interne. On est ici sur un accompagnement de fin de carrière, avec une logique de valorisation des parcours.

Araïko, l’éditeur de Shiroo, propose aussi Tsūro, une suite logicielle IA pensée pour les connaissances de terrain. Si vous évaluez Shiroo, regardez les deux : ils répondent à des périmètres différents.

3. L’interview vocale guidée par IA

C’est l’approche de Skillsay. Plutôt que d’attendre une contribution, une IA vocale mène l’entretien : elle relance, demande « pourquoi », fait préciser les exceptions, revient sur une réponse trop vague. L’expert parle, il ne rédige pas. Le contenu est ensuite structuré, validé par l’expert, et devient interrogeable.

Nous détaillons la méthode dans notre article sur l’interview vocale IA pour capturer le savoir tacite et dans celui consacré à la méthode de capture du savoir tacite qui fonctionne en entreprise.

Tableau comparatif

Les éléments ci-dessous reposent sur ce que les éditeurs publient eux-mêmes ; vérifiez toujours le périmètre actuel auprès de chacun, car ces produits évoluent vite.

Critère Shiroo (Araïko) Talhia (Weelife) Skillsay
Mode de captation Contribution à l’oral, en photo ou en vidéo, depuis un smartphone Prise de parole des collaborateurs avant un départ ou une mobilité Interview vocale menée par l’IA Olivia, avec relances
Initiative L’utilisateur contribue Cadre de transmission accompagné L’IA conduit l’entretien
Cible mise en avant PME et ETI industrielles Transmission avant départ, mobilité interne PME/ETI, réseaux, franchises, cessions-reprises, offboarding
Savoir tacite (raisonnement, exceptions) Dépend de la qualité des contributions Selon l’accompagnement Cœur de la méthode : questions clés et relances
Documents, vidéos, audios Photos et vidéos de terrain Non précisé Intégration et analyse automatique, en plus des interviews
Mémoire interrogeable, agents IA Recherche sémantique Non précisé Agents IA interrogeables, multilingues
Hébergement Non précisé Non précisé Stockage sécurisé hébergé en France
Tarif public Non communiqué ici Non communiqué ici 500 € par profil (offboarding) ; 999 € par mois et par entité

Comment choisir : cinq critères qui comptent vraiment

Le calendrier du départ

Un départ dans six mois change tout. Si vous avez un horizon court, mesurez le temps qu’il faudra pour obtenir une base exploitable : avec une interview guidée, quelques sessions suffisent à produire du contenu structuré, alors qu’une démarche de contribution demande des semaines d’habitudes à installer.

La nature du savoir à sauver

Savoir-faire gestuel et visuel sur machine : la photo et la vidéo ont du sens. Savoir de décision, de négociation, de diagnostic, de relation client ou fournisseur : il faut un dialogue qui fait expliciter le raisonnement. C’est le terrain de l’interview.

L’acceptation par les experts

C’est le facteur d’échec numéro un. Les travaux sur la pérennisation du savoir tacite rapportent que la capture comme finalité première d’un projet IA peut susciter la crainte, chez les acteurs métier, de voir leur valeur ajoutée réduite. Un bon dispositif doit donc faire de l’expert l’auteur et le validateur de ce qui est capté. Notre article sur l’interview par IA, comment s’y préparer et quels droits faire valoir aborde ce point côté collaborateur.

Ce qu’on fait du savoir ensuite

Une fiche de plus dans un dossier partagé ne sert à personne : c’est ce que nous appelons le cimetière documentaire. Posez la question de la restitution : synthèses, processus métier, livrables, agents IA capables de répondre à un nouvel arrivant. Voyez aussi comment le contenu est structuré, ce que nous expliquons dans la structuration automatique du savoir et dans notre texte sur l’ontologie métier.

La gouvernance et l’hébergement

Qui valide ? Qui peut interroger quoi ? Où sont stockées les données ? Pour des savoirs stratégiques, ces questions précèdent les fonctionnalités. Nous les traitons dans la gouvernance des connaissances. Skillsay propose un stockage sécurisé hébergé en France, avec workflow de contribution et de validation.

Quelle solution pour quel profil ?

  • Dirigeant de PME ou ETI face à un départ non anticipé : une interview d’offboarding, à la demande, sans projet de déploiement lourd.
  • Repreneur ou plateforme de cession-reprise : capturer ce que le cédant sait avant la transmission, pour que le savoir de l’entreprise soit un actif visible dans la transaction et non un risque.
  • Tête de réseau ou franchise : mutualiser les pratiques des meilleurs établissements dans une mémoire commune interrogeable.
  • PME industrielle qui veut outiller ses équipes terrain au quotidien : une application de contribution mobile comme Shiroo reste une option sérieuse, surtout si la culture du partage existe déjà.
  • Responsable Knowledge Management : combiner interviews pour le tacite, ingestion documentaire pour l’explicite, et gouvernance pour tenir dans la durée.

Le point de vue de Skillsay

Nous ne considérons pas que Shiroo et Skillsay jouent exactement au même jeu, et c’est pour cela que nous préférons parler d’approches plutôt que de « meilleur outil ».

Notre conviction tient en une phrase : le savoir qui part avec un expert n’est presque jamais celui qui est écrit quelque part. C’est une méthode, une intuition, un enchaînement de vérifications que la personne ne sait pas elle-même décrire tant qu’on ne le lui demande pas. Un formulaire ou un champ libre ne le demande pas. Un bon intervieweur, si.

Le point de vue de Skillsay — overview diagram

C’est pourquoi nous avons construit Olivia, notre IA vocale. Elle ne remplace pas l’expert ni ne le met en concurrence avec une machine : elle lui offre un interlocuteur patient, disponible, qui ne juge pas et qui relance. Les travaux de recherche français sur le sujet décrivent l’IA comme un catalyseur de l’espace partagé de création de savoir plutôt que comme un substitut de l’humain, et c’est exactement notre ligne : l’expert reste l’auteur, il relit et valide.

Nous pensons aussi qu’il faut regarder le savoir comme un flux, non comme un stock. Un coffre bien rangé que personne n’ouvre ne protège rien. D’où notre architecture : interviews pour faire émerger le tacite, puis enrichissement par les documents, vidéos et audios de l’entreprise, puis agents IA qui rendent le tout vivant. Et nous le disons sans détour : la gouvernance compte autant que la technologie. Une capture sans validation par l’expert ni règles d’accès crée de nouveaux risques au lieu d’en réduire.

— quentin

Skillsay en pratique : deux façons de démarrer

Skillsay se déploie selon votre urgence.

  • Interview vocale par IA, offboarding : 500 € par profil, en achat ponctuel. Vous capturez le savoir d’un expert qui part et vous obtenez une base de connaissance exploitable.
  • Solution de Knowledge Management enrichie par l’IA : 999 € par mois et par entité. Interviews, intégration de documents, vidéos et audios, dashboard ROI, gouvernance, agents IA interrogeables en plusieurs langues.

Vous hésitez entre les deux ? Commencez par le profil dont le départ est le plus proche. Pour échanger sur votre cas, rendez-vous sur le site de Skillsay.

Les pièges à éviter quelle que soit la solution

  1. Capturer en fin de carrière uniquement. Les experts du domaine recommandent des processus de partage réguliers plutôt que des campagnes ponctuelles de fin de projet ou de carrière, d’après le rapport Archimag. L’offboarding est un filet de sécurité, pas une stratégie.
  2. Rigidifier les pratiques. Passer d’une pratique intuitive à une pratique médiée par l’IA peut figer des processus au détriment de l’adaptabilité de l’expert, selon les mêmes travaux sur la pérennisation du savoir tacite. Prévoyez des révisions régulières du contenu capté.
  3. Oublier les bonnes pratiques d’usage de l’IA. Une synthèse sur les bonnes pratiques et mauvaises surprises de l’IA pour les connaissances tacites rappelle que l’automatisation a ses revers. Gardez toujours un humain dans la boucle de validation.
  4. Ignorer la coopération IA-humain. Les travaux présentés à la conférence EGC 2025 sur la capture et la transmission des savoir-faire situent l’enjeu dans cette coopération, dans un contexte de renouvellement générationnel.

Pour aller plus loin sur le fond, notre guide sur le savoir tacite en entreprise pose les définitions, et celui sur les interviews de collaborateurs par IA montre le déroulé concret.

FAQ

Shiroo est-il une bonne solution pour capturer le savoir-faire ?

Oui, pour un besoin précis : permettre aux équipes, en particulier industrielles, de partager leur savoir-faire à l’oral, en photo ou en vidéo depuis un smartphone et de le retrouver par recherche sémantique. Sa performance dépend de la régularité des contributions. Pour un départ imminent ou une cession, une interview guidée sécurise plus vite le savoir.

Quelle est la différence entre une application de contribution et une interview par IA ?

Dans une application de contribution, l’expert décide quoi partager et comment. Dans une interview par IA, c’est l’IA qui pose les questions et relance, ce qui fait émerger le raisonnement et les exceptions que l’expert n’aurait pas pensé à documenter. Les deux approches se complètent selon que vous cherchez un flux continu ou une captation ciblée.

Combien coûte Skillsay ?

L’interview vocale par IA pour un offboarding coûte 500 € par profil, en achat ponctuel. La solution complète de Knowledge Management enrichie par l’IA coûte 999 € par mois et par entité.

Peut-on utiliser Skillsay en plus d’un outil existant ?

Oui, c’est un cas courant : l’interview capte le tacite que votre base actuelle ne contient pas, puis Skillsay peut enrichir cette mémoire avec vos documents, vidéos et audios. Il faut simplement décider dès le départ qui valide le contenu et où il est stocké.

Mes experts accepteront-ils d’être interviewés par une IA ?

Cela dépend de la manière dont le projet est présenté. Les recherches françaises montrent que la crainte de perdre sa valeur est réelle : expliquez que l’expert reste l’auteur, relit et valide ce qui est retenu. Le format oral, sans formulaire à remplir, est souvent mieux accepté.

Sources

Recommandations